lundi 20 juillet 2009

Premières nouvelles du Pakistan (1)

Salut à tous,

Bon, me voici au Pakistan depuis jeudi dernier. Alors pour ceux qui ne sont absolument pas au courant de ça ou qui en étaient restés au Soudan, quelques explications s’imposent…

Début mai, si je me souviens bien, j’avais rencontré ACTED, une ONG, pour partir en mission pendant 6 mois en tant que « Finance Intern ». Au début, ce devait être pour aller au Soudan. D’abord Juba, tout au sud, puis Khartoum. Mais deux semaines avant mon départ, on m’annonce que pour plusieurs raisons, il est impossible d’obtenir le visa. Mais pas de soucis, puisque l’ONG a des besoins sur le Pakistan ;o) Sur le moment, j’avoue que je me suis quand même posé la question de savoir si je devais accepter ou non d’y aller. Pas que je doute que ce soit un pays super intéressant mais disons que question sécurité, y avait de quoi s’interroger. Mais bon, finalement m’y voila et je vais y rester jusqu’à la mi janvier.

Pour les nouvelles maintenant. Bon, déjà tout va bien ;o) Et après, je ne sais pas trop par où commencer. Allez, je vais faire classique. Donc le bureau ACTED se trouve dans le quartier F-7 d’Islamabad, un endroit assez huppé à ce qu’il parait. En tout cas, c’est aussi le sentiment que j’ai eu en regardant les maisons qui se trouvent dans les environs. Notre « guest house » se trouve… au dessus du bureau, au premier étage. J’ai jamais habité aussi près de mon lieu de travail ;o) On est très bien installé, la baraque est super grande avec un bon jardin autour. Les photos qui sont plus bas parlent d’elles mêmes. Mis à part les pannes d’électricité quotidiennes, surtout pendant la nuit (ce qui aide grandement ces satanés moustiques à s’acharner sur moi puisque ni la clim, ni le ventilo ne fonctionnent), il n’y a rien à redire.

Alors j’ai pas encore croisé tout le monde, mais grosso modo, à Islamabad, il y a une vingtaine de staff Pakistanais (ce qui fait presque autant de moustachus et de barbus, hiiiiim !) et quelque chose comme 6 expatriés. Je sais pas pourquoi mais à ce niveau, je m’attendais à voir que des Français. Et c’est tout le contraire puisqu’on est que deux. Pour le reste, on compte un Roumain, une Hollandaise, un Anglais et une Américaine. Les autres expats, j’ai pas encore vraiment saisi où ils sont. Il y a un Français à Peshawar. Celui là a l’air de vivre une bonne vie de bunker… Et il y a un Italien qui est en ce moment en vadrouille dans la vallée de Swat. De façon générale, il y a l’air aussi d’avoir pas mal de passage. Des gens d’autres pays et les salariés du siège qui viennent filer un coup de main. Ca, c’est surtout dû au fait que la situation au Pakistan est bien critique depuis quelques mois et actuellement, elle évolue super vite. Donc récemment, ACTED a signé de nombreux contrats avec les bailleurs de fonds et d’autres devraient suivre. Il faut le rythme est bien soutenu. D’où le support de gens extérieurs à la mission. En ce moment, c’est la Déléguée Générale (la big boss quoi) qui est là. Il faut se tenir à carreau et beaucoup bosser mais c’est intéressant de l’avoir ici.

Donc ACTED bosse principalement sur la problématiques des déplacés (Internally Displaced Person) et avant tout sur ceux qui se trouvent hors des camps de réfugiés. Ils étaient récemment 2,5 millions d’IDPs. Un nombre impressionnant d’entre eux a fui fin avril la vallée de Swat du fait de la forte insécurité/des combats entre l'armée pakistanaise et les talibans. ACTED apporte une aide à différents niveaux : distribution de nourriture, de divers types de kits, de tentes, « summerization » (bâches placées au dessus des tentes dans les camps pour réduire un peu la température à l’intérieur. C’est une vraie fournaise, 40 à 50 degrés. Et ca à l’air particulièrement dur pour les femmes qui, d’après ce que j’ai compris, n’ont pas le droit de quitter leur logement de fortune puisqu’elles ne peuvent être vues par un autre homme que le leur), projets « WASH » (Water, Sanitation and Hygiene) et mise en place d’activité de « Cash For Work » (exemple : des IDPs réhabilitent des latrines dont ils vont bénéficier. ACTED les paie pour ce travail ce qui leur permet en même temps d’avoir rapidement accès à du cash). Bon maintenant, beaucoup de refugiés retournent chez eux en ce moment (35'000 depuis le 13 juillet) même si ça a pas encore l’air super safe dans le coin de Swat. Du coup, il est possible que les projets pour les IDPs soient transférés vers les « returnees ». Voila un peu le truc pour l’instant.

En ce qui concerne la vie sur place, c’est super sympa, je vais à la plage tous les jours avec les copains. La vie coûte rien, c’est génial !!!. On fait pas mal la fête et je me couche tard. Youhouh !! Non en fait, c’est pas vraiment ça. Jusqu’à maintenant ça a beaucoup bossé. Pour dire, ce week end, on a dû faire du 12h – 21h. Par ailleurs, on sort peu à mon goût. Tout cela, je m’y attendais. Mais je suis quand même un peu frustré car Dieu sait comme j’aime me balader dans un nouveau pays où tout est différent de chez nous. Mais j’essaie de prendre le pli et me dis qu’il y aura bien des moments trippants. Ce qui est sûr, c’est que ça sera pas comme en Thaïlande/Birmanie ou je passais 50% de mon temps sur le terrain. Déjà mon boulot, c’est de l’administratif, donc il ne m’amènera pas beaucoup à bouger et puis il y a la sécurité… La fameuse sécurité… Je vais pas m’étendre là dessus car je suis pas encore un pro du sujet. Mais il est clair que ça chauffe pas mal dans ce pays. J’ai déjà entendu tout un tas de trucs à ce sujet. Des histoires sur le Pakistan, sur le Congo (ok, rien à voir avec ce dont je parle mais bon). J’ai un peu halluciné parfois. J’ai du mal à évaluer la situation à Islamabad. Si on compare avec d’autres endroits dans le Pakistan, c’est de loin l’un des lieux les plus tranquilles. Maintenant, objectivement, comment est ce que c’est vraiment ? Je ne saurais encore trop le dire. Surtout que la notion de danger varie en fonction de chacun. Enfin, il y a le danger potentiel et ce que chaque individu est prêt à accepter. Bref, pour le moment, j’essaie de rassembler les divers témoignages, parfois un peu contradictoires (ce qui ne m’aide pas trop) et je prends mon mal en patience en me disant que les sorties dans les bas fonds de la ville, ce sera pour quand je comprendrai mieux les choses ;o)

Voila, pour résumer cette première petite semaine sur place. Je dirais que le maître mot pour le moment est Adaptation. Il y aurait eu encore pas mal de choses à raconter mais ce sera pour la prochaine fois, je pense avoir déjà dressé un bon petit résumé de la situation.

A plus !

Et voici les photos de la baraque/bureau :

1 commentaire:

Toss a dit…

Mec génial tu gratte bien le papier c'est bon de te lire. Bon on va voir comment ca évolue avec toi, en tout cas pas dégeu le jardin et la baraque, t'aurais pas eu ca au Soudan. Ghetto dur l'humanitaire, crrrr